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Ce que les parcours racontent

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Vous avez peut-être déjà entendu des jeunes dire :

« Je suis bonne à rien. »« La société ne veut pas de moi. »« J'aime pas répondre au téléphone, je préfère les messages. »« Je ne sais pas quoi faire pour me faire des amis, je préfère rester seul. »

La solitude s'exprime davantage chez les jeunes adultes, notamment dans les zones à forte densité et à faibles revenus (Fondation de France, 2023). Sans réseau, les démarches d'insertion deviennent plus longues et complexes : l'isolement ancre dans la précarité.

On répète aux jeunes en insertion de « faire des démarches » : CV, rendez-vous, formations. Mais une compétence reste invisible, et pourtant décisive : se lier à soi et aux autres.

13,3%

des jeunes de 15 à 29 ans ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en études (NEET) au deuxième trimestre 2026, un taux stable (Insee, 2026).

Selon l'OCDE, en 2023, dans la majorité des pays ayant participé à l'étude, les adultes ayant une stabilité émotionnelle et une extraversion plus élevées sont davantage susceptibles d'être en emploi plutôt que chômeurs ou inactifs, même après prise en compte du niveau d'éducation et des compétences en littératie (OCDE, 2025).

Des dispositifs existent, mais ne suffisent pas.

Des parcours qui se répètent plutôt qu'ils n'avancent : le rapport Orspere-Samdarra (2018) documente des trajectoires « cycliques » en structure d'hébergement, liées à des problématiques de santé mentale, d'addictions et de ruptures relationnelles.

Parfois, l'accompagnement tourne en boucle et déplace les personnes d'institution en institution de l'aide sociale.

+50%

des personnes hébergées en centre d'hébergement venaient déjà d'une autre structure avant leur entrée (DREES, 2021)

77%

des refus d'hébergement sont directement liés au manque de places (SIAO Occitanie, 2017)

22%

des professionnelles du social déclarent travailler toujours ou souvent sous pression (DREES, 2025)

Personne n'est seul responsable. Les institutions tiennent comme elles peuvent face à un problème structurel.

De l'autre côté, les professionnels continuent de s'épuiser : 47 % estiment penser souvent ou toujours à trop de choses à la fois dans leur travail (DREES, 2025).

Que disent les professionnels ?

Chez les jeunes accueillis, j'observe deux types de difficultés : celles liées à l'époque de la jeunesse, comme les histoires de cœur, les bagarres, les addictions... et celles liées à la société actuelle : l'isolement, les écrans, par exemple, ils n'aiment plus les appels, faut tout écrire par messages.Animateur en FJT
L'accompagnement à l'insertion professionnelle, c'est aussi lever les freins invisibles comme l'accès au logement, à la santé, à l'estime de soi...Conseillère à la MLT
Il y a de quoi faire sur l'accompagnement relationnel des personnes, mais les démarches administratives prennent trop de temps.Éducatrice spécialisée en CHRS

Vous l'observez dans vos structures : l'accompagnement relationnel est relégué au second plan.

Les Ateliers Rhizomes ne remplacent pas ces dispositifs. Ils comblent ce qu'ils ne peuvent pas faire.